Choisir entre coaching et thérapie après une épreuve ou un trauma
Dans ma pratique, une question revient régulièrement : “J’ai traversé une épreuve douloureuse… est-ce que je dois voir un thérapeute, un coach, ou les deux ?”. Et c’est une interrogation tout à fait légitime.
Beaucoup d’adultes ont vécu un choc, un burnout, une rupture, une maladie ou un événement violent. Ils ne présentent pas forcément un “trouble psychique” identifié ou diagnostiqué, mais constatent des conséquences plus discrètes : de la fatigue durable, une perte d’élan, de l’irritabilité, des difficultés de concentration ou l’impossibilité de se projeter.
L’objectif de cet article est de proposer des repères simples pour comprendre comment se répartissent les rôles et identifier dans quels cas le coaching est pertinent, et dans quels cas il ne l’est pas.
Ce que l’on peut observer après un événement traumatique
Avoir vécu un événement potentiellement traumatisant ne signifie pas forcément développer des troubles psychotraumatiques. Deux personnes peuvent vivre un même événement et présenter des trajectoires très différentes.
Dans la pratique, on observe souvent :
Des réactions aiguës, normales après un événement de vie traumatique : stress, sidération, vigilance accrue, confusion
Des symptômes envahissants, qui relèvent clairement d’un travail thérapeutique : reviviscences, cauchemars intrusifs, dissociation, angoisses sévères, états d’effondrement ou instabilité émotionnelle majeure
Des effets qui perdurent, sans constituer un trouble clinique : fatigue inhabituelle, perte d’élan, difficulté à décider, sentiment de décalage, perte de sens, irritabilité, brouillard mental, difficulté à se projeter.
Ce sont le plus souvent ces effets persistants mais non cliniques, qui impactent la vie quotidienne sans envahir tout l’espace mental, qui amènent une personne à solliciter un coach. Le besoin porte alors sur la clarté, la réorganisation et le mouvement, pas sur le traitement de l’événement lui-même.
Le rôle de la thérapie : traiter, stabiliser, sécuriser
La thérapie intervient quand l’épreuve a laissé une marque émotionnelle ou psychique qui entrave la stabilité quotidienne.
Concrètement, la thérapie prend en charge :
des émotions intenses ou non régulées
des symptômes persistants (reviviscences, cauchemars, dissociation, crises d’angoisse)
un rapport au passé qui reste douloureux ou envahissant
un besoin de comprendre “pourquoi ?”
des blessures relationnelles ou affectives qui continuent d’impacter la vie actuelle.
Le travail thérapeutique aide à traiter ce qui est encore à vif, à stabiliser l’état interne et à restaurer une sécurité émotionnelle minimale.
Sans cette étape, une démarche orientée vers l’action (comme le coaching) risque d’être inadaptée.
Le rôle du coaching : reconstruire le présent et l’avenir
Le coaching n’a pas pour vocation de soigner le trauma ni de réparer une blessure émotionnelle. Son rôle se situe clairement dans l’après : l’accompagnement d’une personne stabilisée, qui souhaite retrouver de la clarté, de la cohérence interne ou une marge de manœuvre pour avancer.
Ce que le coaching prend en charge :
Clarifier ce qui se passe aujourd’hui
Quand tout est confus et que la charge mentale est élevée, le coaching aide à formuler ce qui est en jeu maintenant : besoins négligés, limites floues, attentes contradictoires, signaux du corps ignorés.
Redonner un cap
Après une épreuve, le futur devient flou. Le coaching aide à repérer ce qui est important pour soi et définir une direction réaliste.
Reprendre la main sur ses décisions
Beaucoup de personnes sortent d’un choc avec un fonctionnement “figé”. Le coaching aide à remettre du mouvement : choisir, prioriser, ajuster.
Réorganiser sa vie professionnelle
Retour au travail, posture, confiance fonctionnelle, alignement entre valeurs et décisions, clarification du rôle, reconversion éventuelle.
Travailler le récit de soi
Non pas pour revisiter le passé ou traiter la blessure, mais pour comprendre comment on se raconte aujourd’hui et comment cela influence nos actions. Le coaching aide à reconstruire un récit orienté vers le futur, cohérent avec la personne actuelle.
Les indicateurs concrets pour choisir entre coaching et thérapie
Pour rendre les choses simples, voici des repères que j’utilise dans ma pratique :
Quand aller vers la thérapie :
des émotions qui débordent ou se dérèglent
l’impression de revivre certains moments du passé
une anxiété intense, des crises, une dissociation
des pensées suicidaires, un grand désespoir
Quand un coaching est adapté :
l’envie d’avancer mais ne pas savoir dans quelle direction
un brouillard mental, une perte de sens, une fatigue cognitive
des difficultés à décider, à prioriser, à organiser
des question identitaires (“qui suis-je ?”, “où est ma place ?”)
le besoin d’un cadre structuré et sécurisé pour se remettre en mouvement
l’envie de clarifier ses besoins, ses valeurs, ses comportements
Des rôles complémentaires
Il n’y a pas de hiérarchie entre thérapie et coaching. Ce sont deux métiers différents, avec deux finalités distinctes. Dans certains parcours, les deux se complètent parfaitement : la thérapie apaise et stabilise, le coaching individuel redonne une direction et consolide l’autonomie.
Les personnes ayant un passé traumatique peuvent tout à fait être accompagnées en coaching, à condition que leur état interne soit suffisamment stable et que le travail porte sur l’action, la clarté et le sens, pas sur la réparation psychique.
Concrètement, quand il y a un passé traumatique, la question n’est pas “coach ou thérapeute ?” mais :
”De quoi ai-je besoin maintenant ?”
Si ton passé envahit totalement ton présent → thérapie.
Si ça n’est pas ou plus le cas mais que tu ne sais plus comment avancer → coaching
Le coaching intervient dans un espace précis : celui de la clarification, de l’alignement, de la projection et du pouvoir d’agir. Il accompagne l’après, pas la blessure.
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